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vendredi, 09 février 2007

maternité

medium_maternite.jpg Premier week end sans Chouquette : mais Mon Dieu ! Quelle horreur ! comment un tel vide est-il possible ? Je ne pensais pas que j’allais tomber aussi bas : regarder dix mille fois de suite les mêmes photos, entendre pour la cent millième fois l’enregistrement de sa voix si mélodieuse, tenter de retrouver son odeur dans ma mémoire…

 

D’abord, je pose les circonstances : surtout n’allez pas croire qu’il est arrivé un drame monstrueux, que l’on m’a arraché ma chouquette de force, ou je ne sais quoi d’autre d’horrible… Non, non, j’avais juste très envie d’aller faire un tour de boutiques parisiennes… et comme je n’habite pas la capitale, il a bien fallut faire un choix. Quelle mère indigne je fais : laisser la chair de ma chair pour quelque chose d’aussi futile que de faire les boutiques : je sais, c’est pathétique… Mais, en même temps, je ne suis rien d’autre qu’une fille, ayez pitié de moi Mon Dieu !

 

Pourtant, toute la journée s’est merveilleusement bien passée : ballade au Printemps de la mode et de la beauté, essayage de robes aussi fantastiques que furieusement « in the vibe », vagabondage au 5ème étage (celui des chaussures pour les plus addicts), arrêt détente au  make up bar, claquage de tous les sous que je n’avais pas pu claquer depuis si longtemps, bref, que du bonheur me dira n’importe quelle fille normalement constituée (et qui fera l’objet d’un post détaillé, rassurez-vous)… mais, une fois tous ces désirs délicieusement féminins assouvis, je me suis sentie envahie d’un vide que je n’avais jusqu’à présent jamais ressenti… c’est là que j’ai réalisé ce qu’était ce fameux sentiment maternel.

 

Je préviens toutes celles qui me lisent : si vous ne pouvez pas avoir d’enfant pour une raison ou une autre, ou bien pire, si vous avez perdu un enfant, alors, passez votre chemin car, ce qui va suivre est un véritable hymne à la maternité.

 

Avant, quand je lisais une interview d’une actrice qui venait d’avoir un enfant, je trouvais qu’à chaque fois, leur description de la maternité était dégoulinante de mièvrerie. Les « je ne suis plus la même depuis que je suis devenue mère » ou encore «  l’important, c’est la maternité », franchement, ça me gonflait comme vous pouvez pas imaginer. Aussi, quand je suis tombée enceinte, je me suis jurée que jamais je ne gonflerai quiconque avec toutes ces déclarations tellement convenues.

 

Jusqu’au jour de la naissance de Chouquette. Le plus beau jour de ma vie. Le jour où tout est devenu plus beau, plus magique, plus vrai.

 

Comment vous dire ? Vous mettez au monde un être et votre vie en est bouleversée.

 

Vous devenez responsable d’un petit bout dans lequel, justement vous retrouvez des petits bouts de votre vie : le front de choucas, les lèvres de grand-Tante machin truc, les yeux de Maman, les grimaces de Grand Pa… et, Ô miracle, cette petite chose vous reconnaît, vous sourit, vous câline.

 

Le matin, quand je me lève, je pense à elle (a-t-elle bien dormi ?), le soir, quand je m’endors, je pense à elle (que ses baisers étaient doux ce soir !), la nuit, je rêve d’elle, et, quand le matin je la dépose à la crèche et que mon cœur se serre de ne pouvoir la tenir contre moi avant le soir, je fais de mon mieux pour que la journée se passe rapidement et sans encombre afin de pouvoir être totalement sereine pour elle le moment venu.

 

Depuis qu’elle est là, il n’y a plus de dimanche cafardeux, plus de longues heures où le temps passe et rien ne se passe, plus de questions existentielles sur l’avenir ou autre.

 

Mon amour pour elle est tel que je ne peux même plus supporter des pleurs déchirants d’enfants (mais où est sa mère ? Souffre-t-il ?) et encore moins supporter la vision d’un enfant qui souffre (je vous raconte pas l’état dans lequel je suis après un reportage sur le Darfour ou autre catastrophe humaine…),car, tous les enfants me ramènent à Chouquette, et leur souffrance pourrait être la sienne.

 

Pourtant, depuis qu’elle est là, je ne fais plus tout ce que je faisais avant et que j’adorais (un ciné sur un coup de tête, la grasse mat’ avec mon café et mon bol de céréales sur ma table de chevet,…) mais pour rien au monde je ne retrouverai ma vie d’avant. Non. Pour rien au monde.

 

Bon, n’allez pas croire que je délaisse Choucas non plus ; mais là, le sujet, c’est Chouquette alors, chaque chose en son temps que diable !

 

Cela dit, je vous rassure, je ne suis pas devenue non plus une déglingos de la maternité : je fais toujours attention de ne pas parler de ma vie de mèèèèèèère à tout va.

 

Je crois que je deviens plus mature tout simplement…moi l’éternelle ado, qui l’aurait cru ?

 

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