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vendredi, 22 février 2008

envol

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Ce qu'on peut être nunuche parfois. Un départ, pourtant largement annoncé, on a beau se dire que c'est rien, pas grand chose, que c'est la vie, le temps qui passe, qu'on peut pas forcer les gens à rester auprès de nous toujours parce que ça nous arrange nous et pas eux, il n'empêche que depuis ce matin, j'ai le menton qui danse la lambada, les yeux au bord des chutes du Niagara et un coeur serré comme les lacets de Chouquette.

Parce qu'aujourd'hui, c'est le départ de celle qui me suit comme mon ombre depuis plus de 2 ans, celle à qui j'ai tendu la main quand, tombée du nid, il lui a fallut trouver un job et que le vent l'a poussée jusqu'à ma porte: ça devait être un vent du sud, porteur de bons moments, chauds et rassurants. Mais le vent tourne, et les meilleurs moments ont toujours une fin.

Elle est arrivée fripée, cassée, brouillon de fille sur qui personne n'avait daigné reposer sa confiance avec ses baskets et son appareil dentaire. Et elle repart flamboyante, belle comme le jour et aussi à l'aise dans ses escarpins qu'une pivoine dans un jardin du mois de mai.

Alors voilà, elle me quitte pour vivre sa vie, loin de Déprimeland, le coffre de sa voiture rempli d'espoirs aussi grands que son courage, dans sa poche, les clés de son premier studio (ah! le premier studio aussi spacieux qu'une boite à chaussures avec la douche dans le placard et le lit sur la mezzanine, je m'en souviens comme si c'était hier et pourtant, je m'étais jurée de tenter de l'oublier aussi vite que je m'en étais débarrassée, mais les souvenirs les plus ingrats sont aussi les plus tenaces), dans sa tête les rêves les plus romantiques d'une vie meilleure que celle dont elle avait hérité.

Elle me quitte et je me surprends à être surprise d'autant d'émotion. Après tout, c'est comme ça.

Ce midi, je l'ai invitée au restau. Pour fêter son dernier jour. C'était un restau tahitien, il y avait des colliers d'hibiscus partout, le son du tamouré qui accompagnait les chants de la serveuse gaie comme un si bémol et pourtant, j'étais pas à la fête quand elle a ouvert son paquet cadeau avec ses jolies tasses pour son petit déjeuner (parce qu'il va vous falloir de la vaisselle dans votre nouvelle vie), le silence qui ponctuait le "vous allez me manquer" pour permettre à cette fichue boule de resdescendre au fond de la gorge loin, loin du haut, loin des larmes.

Et cette journée! interminable journée et pourtant, j'avais pas envie qu'elle se termine. Parce que c'était la dernière.

Alors lundi, il y aura une nouvelle tête, une remplaçante pour faire son job mais je sais qu'il va m'en falloir du temps avant de ne plus être surprise de son absence le matin, et puis avant de refaire confiance à quelqu'un comme je lui faisais confiance à elle. Une vraie mamie devant le chirurgien qui va lui ôter les varices. Confiante. Aveuglément.

Bon vent demoiselle…

Heureusement qu’il y a les Cesar ce soir, je vais pouvoir trouver une excuse pour pouvoir me répandre en nunucherie humide. Parce que sûr que c’est Marion qui va me servir d’alibi, à moins que les ronchons du comité décident encore une fois de déglamouriser une cérémonie qui, plus ça va, plus devient rasoir. Et décident de récompenser une Catherine Frot (certes douée mais au potentiel glamour pas très élevé. Je suis atrocement terre à terre, mais j’ai pas la mood charitable ce soir).

La photo est du Sartorialist. Parce qu’elle est tellement représentative de la couleur du nuage qui a squatté le haut de mon crâne depuis le début de la journée.

Trackbacks

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Commentaires

Allez, c'est joli, un envol, c'est printanier. Tu as compté, dans cet envol-là. Tu auras des nouvelles.
Je pense à toi, de l'autre côté des César.
Je t'embrasse.

Écrit par : frieda l'écuyère | vendredi, 22 février 2008

Joli, et pourtant un peu triste.
Allez, courage, dis-toi qu'elle sera heureuse et tu ne peux pas trop lui en vouloir pas vrai ?
Le menton qui danse la lambada...
[Merci pour ton petit mot.]
g.

Écrit par : g. | vendredi, 22 février 2008

euh sinon pour ton blog-it : on m'en a parlé et il semble que la fin soit triiiiiste a souhait.
g.

Écrit par : g. | vendredi, 22 février 2008

On se rend parfois compte à quel point on aime les gens quand ils s'en vont...
Mais quand on sait à quel point on les aime avant qu'ils s'en aillent, alors, là, c'est impossible de se faire à l'idée qu'ils pourraient s'en aller, même pour un petit studio et pour réaliser plein de rêves!
C'est une page qui se tourne...

Écrit par : Bruume | vendredi, 22 février 2008

j'ai joli ce que tu as écrit. C'est triste, mais c'est beau. En même temps, non, c'est pas triste, c'est plein d'espoir.
Puis une nouvelle à prendre sous ton aile, c'est chouette aussi.

Écrit par : Lilie | vendredi, 22 février 2008

C'est un très joli message d'amitié que tu nous donne la.

Écrit par : Sté | vendredi, 22 février 2008

C'est beau, tout ça, ma Béné.
Elle a eu de la chance de 'tavoir, je crois. Elle a eu de la chance de te connaître.
Tout le monde va me faire pleurer, ce soir, je crois.
Des milliards de bisous rien que pour toi, ça te console? Alors, je te les envoie, si oui!

Écrit par : Camille | vendredi, 22 février 2008

Ma Béné, quel vibrant hommage, c'est à dire que tu as failli me faire chialer aussi, sauf que là, il est 8 heures du mat', et pas vraiment d'alibi... Dis donc, je dis comme Camille, mais c'est tout ce que je trouve à dire: elle a eu de la chance de croiser ta route, cette demoiselle... je peux venir la rempacer?????

PS: comment c'était les césars??? Je suis juste tmbée sur Marie Gilain et sa bouteille de champagne: pathétique et vraiment pas drôle...

Écrit par : zabou | samedi, 23 février 2008

En tout cas, c'est un très beau post que tu lui dédies là.... plein de douceur et de bulles de tendresse.

Écrit par : toupie | samedi, 23 février 2008

Suivant tes bons conseils, je t'ai mis de la taille ceinturée et du décoleté sur mon blog, pour te réconforter ;-)))

Écrit par : zabou | samedi, 23 février 2008

c'est pénible ces gens qui partent se réaliser à la capitale !
allez, ça te fera une excuse pour venir nous voir, hein dis ?
des bises !

Écrit par : domino | samedi, 23 février 2008

frifri: alors? Ces césar? un hold up, non? :)

g;: mlaheureuse! jamais j'aurais pu aller jusqu'à la fin du film! vraiment, j'ai regardé les 20 premières minutes, mais ce fut un supplice!

bruume: ouais, c'est ça le pire, c'est de se rendre compte de la valeur des gens avant qu'ils ne partent...

lilie: tout à recommencer... oui, c'est vrai que ça peut rebooster, aussi :)

Sté: merci!

camille: merci ma camillou! merci, merci!

zabou: oh ça serait cool qu'on bosse ensemble, tiens!
Les Cesar, c'était, heu, comment dire... décevant? Heureusement que Marion a reçu son Cesar, parce que, sinon, ç'aurait été un scadale...

toupie: merci ma belle!

domino: pfff... c'est surtout que j'aimerais tant être à sa place, parfois...:)

Écrit par : benetie | dimanche, 24 février 2008

En tous cas, je croise les doigts pour la jolie Marion ;)

Écrit par : Alerte à Liège | dimanche, 24 février 2008

Très joli, elle a eu bien de la chance de te croiser sur sa route cette demoiselle là...

Back in Paris...m'enfin, il pleuvait à Madrid saufq ue là bas il y a des churros et du chocolat pour le stremper!!!

Écrit par : rose | mardi, 26 février 2008

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